L’espace est une monstruosité physique indéchiffrable qui ne peut se décrire selon les lois de notre entendement. Il échappe à notre raison et lorsqu’on dit que l’espace est le lieu du vide, on n’a rien dit du tout.
Sa monstruosité ce n’est pas tant qu’il est infini dans toutes les directions mais que sa texture nous échappe. Nous ne savons pas de quoi l’espace est fait. Mais pourquoi se questionner sur sa nature puisqu’il est vide. L’espace est le lieu du vide. L’espace est là pour accueillir le vide, pour s’accueillir lui-même. Aucun discours jusqu’à présent n’a été suffisant pour pénétrer le mystère de l’espace dans lequel il est naturel d’y être plongé. Il se donne comme une évidence.
En physique quantique le vide absolu n'existe pas. Même débarrassé de toute matière, l'espace est le siège de l'énergie du vide. Il est constamment traversé par des fluctuations quantiques : des particules dites « virtuelles » y émergent et s'y annihilent en permanence. C'est ce que démontre notamment l'effet Casimir. En cosmologie le vide possède une tension et une énergie propre. Pour le physicien, le vide n'est pas le néant, c'est l'état fondamental de la matière et des champs de force, un vivier potentiel d'énergie
On connait donc le vide par tous ses effets mais jamais ne se montre : c’est une absence. Mais que serait une absence totale : absence du lieu dont la disparition ne se remarquerait même pas puisque pur néant. Reconduit au néant nous n’avons guère avancé.
Voilà donc un être physique qui ne se laisse pas saisir comme objet isolable, mesurable, qui échappe aux catégories de la matière. Il s’agit donc de quelque chose « d’AUTRE » qu’il nous faut imaginer. On peut penser à une gelée visqueuse et tremblotante qui serait tout l’espace mais invisible. Cette gelée serait en quantité infinie et remplirait l’infinité de l’espace. Ou encore d’une immense toile insécable en trois dimensions.
On se rend immédiatement compte de l’absolue distorsion entre le volume de cette gelée et le volume de la matière. On se rend compte également que cette gelée est à peine fluctuante et on ne voit pas en quoi c’est une réserve d’énergie. Elle est étale et si on la remue ou on la compresse, nous obtenons des ondes et la matière elle-même qui en est issue.
Arrivé à ce stade de notre démonstration, il nous faut avouer que l’espace est d’une composition bien étrange. Cette gelée insaisissable seulement si elle se mue en onde et particules détermine de fait toute la création : l’existence a pour condition sa disparition