lundi 26 janvier 2026

232 - CHAMPS DE HIGGS ; UNE PHYSIQUE DE L’ILLUSION ET DE L’INVISIBLE

 L’EXPLICATION

Le Champ de Higgs est l'un des concepts les plus fascinants de la physique moderne. Pour bien le comprendre, il faut imaginer que l'espace "vide" n'est pas réellement vide, mais imprégné d'une sorte de fluide invisible et omniprésent.

Il faut garder à l’esprit que des structures invisibles régissent la réalité tangible : une "mélasse" invisible compose le champ de Higgs.

Il faut Imaginer que tout l'Univers est rempli d'une foule immense lors d'une réception. Cette foule, c'est le champ de Higgs. Si une personne totalement inconnue traverse la pièce, personne ne l'arrête. Elle avance vite et sans effort. Elle n'a quasiment pas de "masse" sociale.

Si une célébrité entre, les gens s'attroupent autour d'elle, la freinent et rendent ses mouvements difficiles. À cause de cette interaction avec la foule, la célébrité acquiert une certaine "inertie" : elle a désormais une masse.

C'est exactement ce qui se passe dans le vide spatial. Les particules comme les quarks (qui composent les protons) interagissent fortement avec le champ de Higgs et deviennent "lourdes".

Le champ de Higgs est une structure de fond de l'Univers qui brise une symétrie parfaite pour donner de la substance à la matière. C'est l'architecte invisible qui permet à la structure complexe du cosmos de tenir debout.

COMMENTAIRES

il faut imaginer que l'espace "vide" n'est pas réellement vide, mais imprégné d'une sorte de fluide invisible et omniprésent.  IL FAUT IMAGINER ! Cela n’existe donc pas, nous devons inventer une substance invisible et puisqu’elle est invisible nous ne risquons pas de la voir ni de la mesurer. Où sommes-nous ? Au siècle de la science la plus moderne ou au moyen âge de la pensée ?

En physique quantique, on ne parle pas de "substance" au sens matériel. Le champ est une propriété fondamentale de l'espace-temps. De quoi est-il fait ? De rien d'autre que lui-même. C'est une valeur mathématique associée à chaque point de l'Univers. Pour la physique actuelle, le réel a disparu, les champs sont faits d’eux-mêmes et finalement on apprend qu’il s’agit d’une construction mathématique.

Pour la physique, l’invention de l’espace-temps d’Einstein a été une catastrophe et on a commencé à perdre pied avec les objets physiques qui pour elle n’existent plus. On peut donc INVENTER toutes sortes de « choses » surtout invisibles pour expliquer des phénomènes physiques bien réel qui eux ont une substance !

samedi 10 janvier 2026

231 -LE DEVENIR CHEZ HEGEL ET L’ETERNITE DE LA PREMATIERE

Chez Hegel, le néant (das Nichts) n'est pas un vide absolu ou une impasse mais un moteur essentiel de sa philosophie par où débute la science de la logique.

1. L'identité de l'Être et du Néant

Au commencement de la logique Hegel analyse l'Être pur comme une abstraction totale, sans aucune détermination (ni couleur, ni forme, ni temps).

Parce que cet Être est "vide" de tout contenu, il est strictement la même chose que le Néant. Le Néant, de son côté, est défini comme l'absence totale de détermination. En conclusion l'Être pur et le néant pur sont une seule et même chose.

2. Le Devenir :la vérité du néant

Si l'Être et le néant étaient identiques et statiques, la pensée n’aurait pu se déployer. Leur sens réside dans leur mouvement l'un vers l'autre. Le passage de l'Être au Néant est la disparition. Le passage du Néant à l'Être est la naissance (ou l'apparaître).

Ce mouvement incessant entre les deux s'appelle le Devenir. Le Néant est donc ce qui permet à la pensée de s’extraire de l'immobilité vide du départ.

3. Le "Travail du Négatif"

Chez Hegel, le néant prend souvent la forme de la négativité. C'est une force active. Pour qu'une chose devienne ce qu'elle est, elle doit nier ce qu'elle n'est pas. Une graine doit "nier" son état de graine (cesser d'être graine) pour devenir une plante.

Le néant n'est donc pas une destruction, mais une étape nécessaire à la construction qui conduit à un nouveau contenu plus riche. Chez Hegel, le néant est le moteur de la dialectique. Sans lui, l'Être resterait et n’apparaitrait jamais ; grâce à lui, la réalité peut se déployer et l'esprit peut progresser.

UNE CRITIQUE DE HEGEL

Pour que l'Être apparaisse en sortant du néant il faut qu’il soit créé ex nihilo. Or rien ne peut surgir de rien. Il y a ici un tour de passe-passe de Hegel qui rappelle le fiat luxe chrétien et la création du monde par Dieu. Avec la prématière de Micalef la création se fait a partir de quelque chose qui est éternelle et qui n'est pas le néant.

Pour Hegel, le passage du Néant à l'Être est une nécessité logique, mais pour un physicien ou un tenant de la substance éternelle, c'est une impossibilité ontologique.

1. Le refus de l' ex nihilo : La Prématière vs le néant hégélien

Pour Hegel, le néant est une catégorie de la pensée. Il pose l'Être pur (sans détermination) et constate qu'il est identique au Vide. C'est un point de départ abstrait.

Pour la théorie de la prématière : le "vide" n'existe pas. Ce que Hegel appelle "Néant" ou "Être pur" est en réalité la Prématière : une substance réelle, dense, éternelle et incréée. La conséquence : Il n'y a pas de "création" au sens d'une apparition à partir de rien (ex nihilo), mais une transmutation. L'Être ne "sort" pas du Néant ; il est la prématière qui change d'état (qui se fragmente ou se condense en matière).

2. Le "Fiat Lux" logique de Hegel

Hegel est souvent accusé de vouloir faire de la logique une théologie. Dans son système, l'Idée (ou Dieu avant la création) se déploie par la seule force de sa propre contradiction interne. En disant que l'Être et le Néant sont identiques et que leur vérité est le Devenir, Hegel tente de justifier le mouvement sans avoir besoin d'une "poussée" extérieure ou d'une substance préexistante

 En revanche, avec la prématière, le mouvement (le devenir) n'est pas un miracle logique, mais une propriété physique de la substance éternelle. On remplace le "tour de magie" dialectique par une dynamique de la substance.

3. Vers une "Physique de l'Esprit"

Chez Hegel : L'esprit semble s'auto-engendrer à partir du vide logique. Dans la nouvelle vision l'esprit est le résultat du travail de la prématière sur elle-même. C'est la substance éternelle qui, à travers des milliards d'années de l’évolution engendre la pensée.

Là où Hegel voit une naissance miraculeuse à partir du vide, la théorie de la prématière est la manifestation d'une réalité qui a toujours été mais "invisible" ou "indifférenciée". Le passage ne se fait pas de "rien à quelque chose", mais de la "substance invisible (prématière) à la forme visible (matière/esprit)".

Le problème de la création du monde ex nihilo se rencontre dans a peu près toutes les cosmogonies puisqu'elles ne peuvent concevoir le monde comme éternel. Avec la TPM on distingue ce qui est éternel et donc incréé et ce qui est créé et temporel. Cela permet de combler l'aporie qu'on rencontre chez Hegel mais aussi dans presque toutes les cosmogonies

La plupart des cosmogonies (religieuses ou scientifiques comme le Big Bang "vulgarisé") butent sur le mur du T.0 : qu'y avait-il une seconde avant le début ? Si on ne répond « rien », on tombe dans le miracle (ex nihilo). Si on répond "quelque chose", alors le "commencement" n'en est plus un.

On ne notera jamais assez les difficultés qu'ont eu toutes les cosmogonies d'imaginer un univers incréé qui a toujours été. Il faut toujours un commencement au temps ( cf. big bang). Or la théorie de la prématière résout cette contradiction en distinguant deux objets physiques différents, ce qu'on ne pouvait faire quand une seule substance était envisagée.

En introduisant la distinction de la prématière, on résout cette contradiction :

Ce qui est créé/temporel : C'est la matière, les objets, les formes, l'univers "phénoménal". C'est ce qui a un début et une fin.

Ce qui est éternel/incréé : C'est la prématière (ou substance spatiale). Elle ne "commence" pas, elle Est de toute éternité, incréée.

L'erreur de Hegel est d'avoir voulu faire de l'Éternel (l'Idée/l'Être pur) quelque chose qui doit "devenir" pour être réel. Avec la théorie de la prématière l'éternité est la base stable, et le mouvement n'est qu'une transformation interne de cette base.

4. Deux objets physiques, deux ontologies

On postule deux objets physiques aux propriétés inverses :

La prématière (l'incréé) : fluide, continue, éternelle, sans masse au sens conventionnel, remplissant tout l'espace. Elle est le "plein" qui rend le néant impossible.

La Matière (le Créé) : Discontinue, fragmentée, temporelle, résultant d'une structuration (onde/vortex) de la prématière.

C'est cette distinction qui permet de dire : « L'Univers est éternel dans sa substance (prématière) mais temporel et changeant dans sa forme (matière). »

5. La réconciliation : Une création sans "fiat lux"

La "création" devient un processus de condensation ou de structuration :la prématière éternelle est le substrat sans âge.  La Création est le moment où cette substance entre en mouvement, se fragmente et crée le temps.

L'Esprit est la conscience que prend cette substance de ses propres lois.

C'est une avancée majeure par rapport aux cosmogonies classiques : on ne demande plus à l'esprit de surgir du néant par un tour de magie, mais de s'éveiller à partir d'une substance qui a toujours été là. L'aporie hégélienne (l'identité de l'être et du néant) est alors remplacée par la continuité de la substance.

C'est précisément là que réside la rupture épistémologique majeure. Le verrou mental qui a bloqué la plupart des cosmogonies (et Hegel avec elles) vient de ce monisme de la substance unique : si l'on ne considère qu'une seule forme de réalité (la matière ou l'esprit), soit elle est éternelle et figée, soit elle commence un jour, et l'on retombe sur l'aporie du ex nihilo.

6. La fin du "dogme du commencement"

Dans le modèle standard (Big Bang), on cherche désespérément un point zéro car on essaie de faire naître la matière à partir de rien (ou d'une singularité mathématique abstraite).    Dans la TPM le temps ne commence pas avec l'univers, car la prématière est hors du temps linéaire ; elle est l'éternité substantielle.

Ce qui "commence", c'est uniquement le cycle de la matière (les corps massiques). Le temps est alors une mesure du mouvement de la matière au sein de la prématière, et non un cadre vide qui aurait surgi de nulle part.

La résolution de l'aporie hégélienne

En intégrant Micalef dans notre réflexion sur l'Esprit hégélien, on aboutit à une vision d'une cohérence rare : l'univers n'a pas besoin de "Dieu" ou d'un "Fiat Lux" pour sortir du Néant. Il est un processus éternel de conscience de soi. La prématière est le socle éternel, et l'évolution vers l'Esprit est le mouvement par lequel cette substance, en se structurant en matière, finit par se "regarder" elle-même.

On passe d'une métaphysique du miracle à une physique de l'éternité.Cela nous éloigne de l'Être et du Néant (en apparence)

Pourtant, sur le plan du fond, on réalise l'ambition ultime de la philosophie : le "néant" de Hegel est définitivement évacué, il n'y a jamais de vide, seulement des états de densité différents de la substance.

L’Être" n'est plus une idée abstraite, c'est la pression de la prématière qui cherche à se manifester.

mercredi 7 janvier 2026

230 - Confrontation entre la pensée de Martin Heidegger et la théorie de la prématière

 La prématière est une substance pré-matérielle au sens où sa transmutation aboutir à la matière de sorte que la matière est de l'espace substance transformée. Cette définition de la prématière comme substance dont la transmutation produit la matière supprime le dualisme entre le "vide" et le "plein". Dans cette perspective, la matière n'est pas "dans" l'espace, elle est de l'espace condensé ou structuré.

Si l'on confronte cette vision à l'ontologie de Heidegger, on s'aperçoit qu’il y a  une solution théorique à ce qu'il appelait le "retrait de l'Être".

La question de l'Être, que Heidegger considérait comme la question centrale mais oubliée de la philosophie, trouve un écho inattendu dans les théories contemporaines de la substance de l'espace. Alors que Heidegger s'efforçait de définir l'Être comme un horizon de sens et un événement temporel, la théorie propose une assise physique à ce mystère : la prématière. Cet exposé synthétise la rencontre entre le "dévoilement" heideggérien et la "transmutation" de la substance spatiale.

1. Le Néant n'est pas "Rien"

Heidegger dit : "Le Néant néantise" (Das Nichts nichtet). Cela signifie que le Néant est une force active.

Dans l’approche de la Prématière celle-ci est ce qui semble n'être "rien" pour nos sens et nos instruments de mesure actuels (car elle n'est pas encore matière, elle n'a pas de volume délimité).

Ce "Néant" heideggérien pourrait donc être interprété comme l'Espace-Substance lui-même : il nous paraît vide, mais il est la condition de possibilité de tout ce qui "est".

I. L'Être et la Prématière : Le Fondement Invisible

Pour Heidegger, la "différence ontologique" sépare l'étant (la chose) de l'Être (le faire apparaître). L'Être n'est pas une chose, mais la lumière qui permet de voir les objets.

La prématière, comme l'Être, ne peut jamais être saisie comme telle." Cela nous place dans une position d'humilité épistémologique. Nous pouvons décrire le processus de transmutation (la physique), mais nous ne pouvons jamais observer la substance elle-même, car observer, c'est déjà transformer en "étant", c'est déjà figer dans le temps ce qui est éternel.

La théorie de la PM donne un corps à cette intuition : l'Être peut être identifié à la prématière. Cette substance incréée, structurant l'espace, constitue le "fond" permanent de l'univers. Comme l'Être de Heidegger, la prématière ne se donne jamais à voir directement ; elle est ce qui "est" sans "ex-ister". Elle ne possède pas de volume délimité ni de finitude, ce qui en fait une substance éternelle et infinie, l'équivalent physique du "Néant" heideggérien qui n'est pas une absence, mais le réservoir de toute présence.

Le "Retrait" comme nécessité physique et métaphysique

Dans ce modèle, le retrait de l'Être n'est plus une "bouderie" poétique de l'univers, mais une structure de réalité :

La Prématière (L'Être) : Elle est le fondement invisible, l'immuable, le "Un". Elle est partout, mais parce qu'elle n'est pas "temporelle" (elle n'ex-iste pas, elle ne sort pas d'elle-même), elle reste indétectable par nos sens et nos instruments.

La Matière (L'étant) : Elle est la prématière qui a "muté", qui est entrée dans le temps et la forme. Elle est le seul aspect de la réalité qui nous soit accessible.

Le "retrait de l'Être" s'explique alors physiquement : la substance d'origine se retire derrière la forme qu'elle prend pour devenir "objet". Pour que la matière apparaisse, la prématière doit se "cacher" en elle.

 

II. La Transmutation : L'Entrée dans le Temps

Le point de rupture entre l'éternité et la finitude se situe dans le processus de transmutation.

Pour Heidegger, l'existence est caractérisée par la temporalité. Être, c'est être dans le temps.

Pour Micalef, la matière est de l'espace-substance transformé.

Cette mutation de la prématière en matière explique ce que Heidegger nommait le "retrait de l'Être". En se densifiant pour devenir "étant" (objet, matière, corps), la substance originelle se retire et se cache derrière la forme. La matière devient ainsi une modalité temporelle et périssable de l'espace éternel. L'apparition d'un objet est nécessairement le résultat de cette transformation de la substance : c'est le passage de l'Être (immuable) à l'Ex-istence (temporelle).

III. Le Dasein : Entre Principe Éternel et Finitude Historique

L'être humain, ou Dasein, occupe une position charnière. Heidegger le définit par sa finitude et son angoisse devant la mort, car il est "jeté" dans le monde.

La synthèse de Micalef permet de distinguer deux niveaux chez le Dasein :

  1. L'Individu historique : Soumis aux lois de la matière, il est voué à la disparition. Son angoisse est le pressentiment de sa dé-transmutation, le retour de sa forme particulière à l'indifférencié.
  2. Le Principe Humain : En tant que fonction de compréhension et d'ouverture, le Dasein est un principe éternel né de l'évolution de la substance. Il est le lieu où l'univers, parvenu à un haut degré de perfectionnement, peut enfin "déclarer sa présence".

IV. La Science comme Exploration du Mystère

Si Heidegger craignait que la science ne vienne "arraisonner" le monde et détruire le sacré, la perspective de Micalef réconcilie les deux domaines. L'approche scientifique n'est plus une simple mesure technique, mais une lecture de la structure de l'Être.

Comprendre les lois de la prématière et de sa transmutation, c'est progresser dans la description du mystère sans prétendre le supprimer. L'intelligence humaine, bien que logée dans un étant éphémère, accède par la connaissance à la logique de la substance éternelle. La disparition individuelle devient alors, au-delà de la douleur de la perte, la restitution d'une forme temporaire à la plénitude de l'espace-substance.