lundi 11 septembre 2017

11- ARISTOTE, LE PREMIER MOTEUR ET L’ÉNERGIE UNIVERSELLE


 Aristote démontre dans la Physique qu’il est nécessaire qu’il existe un Premier Moteur immobile qui cause le mouvement de tout l’univers. L’argumentation a comme premier fondement le principe de causalité qui, appliqué au mouvement peut être formulé de la façon suivante :   Tout mû est nécessairement mû par quelque chose. (Physique, VII, 1, 241 b )
À partir de cette évidence, Aristote monte rigoureusement jusqu’à prouver l’existence du Premier Moteur immobile : si tout ce qui est en mouvement est mû par un autre, si cet autre est aussi en mouvement, il doit être mû par un autre à son tour. Mais pour expliquer l’existence de n’importe quel mouvement il faut arriver à un principe moteur qui n’est pas mû. Il serait absurde de penser que l’on puisse remonter d’un moteur mû à un autre moteur mû lui aussi, jusqu’à l’infini : le processus à l’infini n’expliquerait rien. S’il en est ainsi, il doit avoir, en plus des moteurs qui causent les mouvements particuliers et qui sont mus à leur tour, un Principe absolument immobile et premier, qui cause le mouvement de tout l’univers. Sans lui, rien ne pourrait se mouvoir. En plus d’être immobile, le Premier Moteur est éternel, car si son existence avait un commencement, il aurait besoin d’une cause. D’autre part, d’après Aristote, l’éternité du mouvement de l’univers manifeste l’éternité du Premier Moteur. (1)           

Aristote aboutit à ce paradoxe difficilement acceptable pour la physique actuelle et la relativité : le mouvement a pour origine une première cause qui se doit d'être immobile. En termes plus modernes on traduit Aristote en affirmant que tout objet en mouvement détient son énergie d'autre chose que lui-même. Cette affirmation est à l'origine du principe de conservation de l'énergie selon lequel l'énergie totale d'un système isolé est invariante au cours du temps, l'énergie totale initiale du système isolé soit égale à l'énergie totale finale ; l'énergie passe d'une forme à une autre durant le déroulement du phénomène, sans création ni disparition d'énergie.


Mais si on applique ce principe à l'ensemble de l'univers, on s'aperçoit qu'aucun système n'est isolé, ce qui se perd dans une partie de l'univers passe à une autre partie, ce qui implique que l'énergie universelle est finie. Les transferts d'énergie s'effectueraient qu'entre corps en mouvement sans que jamais nous puissions déterminer une cause première : « si tout ce qui est en mouvement est mû par un autre, si cet autre est aussi en mouvement, il doit être mû par un autre à son tour ». L'énergie peut alors se transmettre indéfiniment et il est inutile de chercher un premier moteur qui serait lui immobile : telle est la conception contemporaine issue de la relativité selon laquelle tout est mouvement, il n'y a pas un principe premier d'inertie, le mouvement se mesure à partir d'un étalon premier qui est celui d'une vitesse, celle de la lumière.
Cette conception relativiste du mouvement aboutit à un modèle clos d'énergie finie selon lequel les échanges d'énergie s'effectuent qu'entre objets physiques. Elle occulte délibérément la question de la cause, de l'origine du mouvement universel, celle du premier moteur d'Aristote, dont on peut très bien se passer si on conçoit la science physique comme excluant a priori les délibérations métaphysiques.

Cependant, les physiciens relativistes se trouvent devant une aporie : cette énergie se conservant indéfiniment, il a bien fallu qu'elle surgisse le jour de la création de l'univers qui est celui du big bang. Pour initier la mise en mouvement de toute la matérialité de l'univers, il a bien fallu qu'existât une « réserve quelque part », laquelle ne pouvait être elle-même en mouvement puisqu'il s'agit du phénomène mettant l'univers en action. Et ce quelque part ne peut être situé ailleurs que dans l'univers lui-même puisqu'on ne saurait concevoir une sorte « d'arrière univers ». Dés lors, nous retrouvons pleinement l'argument d'Aristote de l'impossible régression à l'infinie des causes nous contraignant à nous arrêter à une cause première origine du Tout. Cette cause première du mouvement ne saurait être en mouvement et ne peut donc être que parfaite immobilité.


Mais c'est ici que l'argumentation d'Aristote nous ouvre un précipice: comment physiquement imaginer que le principe d'inertie initial soit à l'origine du mouvement ? Car il nous faut raisonner en termes physiques relatifs à un objet physique et non pas renvoyer la question à une méta-physique évanescente, au domaine des dieux et des religions. Nous devons concevoir un objet physique dont la caractéristique est d'être inerte mais présent, présent de toute éternité et donc incréé puisque ne pouvant naître d'un ailleurs que lui-même au risque de retomber dans la régression infinie d'Aristote.

Cet objet recherché ne saurait être la matière ou les ondes puisque leur propriété est d'être en mouvement, de le recevoir et le transmettre. Existe-t-il « autre chose »que la matière dans l'univers qui détiendrait des propriétés différentes telles qu'on puisse assez radicalement les distinguer ? Cet autre que la matière ne peut être que l'espace lui-même dont on remarquera qu'il est le « lieu » du mouvement qu'il accueille et le rend possible, puisqu'un mouvement sans espace est un non sens. Or l'espace qui permet la translation des corps ne saurait êtes lui-même en mouvement, c'est un lieu immobile par excellence. Mais être absolument inerte suppose qu'il s'agisse d'un état de quelque chose qui existe car un néant d'être n'aurait même pas la faculté d'être sans mouvement. Il faut donc qu'il soit composé d'une substance et que celle-ci emplisse tout l'espace de sorte que contenant et contenu se confondent et qu'il soit impossible de penser l'espace comme cadre vide d'un côté, que l'on remplirait d'une substance distincte de l'autre comme ce fut le cas pour l'éther.

Ainsi, une substance composant l'espace mais différente de la matière, est par sa nature même, pure immobilité. Comment peut-elle être à l'origine du mouvement et constituer ainsi le premier moteur immobile tel que l'a entrevu Aristote ? Mais par premier moteur il nous faut entendre l'origine du mouvement et donc de l'énergie et puisque toute matière est en mouvement et contient ainsi son énergie : ce premier moteur est le créateur de la matière elle-même.En d'autres termes, c'est la substance de l'espace qui est à l'origine de la création de la matière, d'où elle provient, où elle retourne. Il existe un lien de proximité entre la substance de l'espace et la matière de telle sorte qu'un changement d'état de l'une soit à l'origine de la création de l'autre. D'où l'on conclut que la matière est un composé de cette substance de l'espace que nous nommerons à juste titre la prématière. Si celle-ci, dans son état d'énergie zéro est pure inertie, cela ne signifie nullement qu'elle ne puisse être mise en mouvement par l'intermédiaire des corps et se présenter à l'existant physique sous forme d'ondes électromagnétiques.

En définitive, c'est le plus ancien de nos physiciens qui semble avoir raison sur les plus modernes praticiens de cette science, à cette seule et unique condition : donner un substrat de réalité physique à ce premier moteur immobile.



(1) Philosophieancienne.over-blog.com/page-5071988.html

jeudi 31 août 2017

10 - ARISTARQUE ET LE CONTEXTE CULTUREL


Aristarque de Samos a imaginé le premier un modèle héliocentrique qui ne fut adopté que 2000 ans plus tard. Les raisons qui retardèrent la diffusion d'un nouveau modèle furent principalement culturelles :

« Une découverte scientifique ne s'impose jamais par la seule force de ses arguments car le contexte culturel est encore loin de pouvoir permettre au modèle d'Aristarque d'être entendu et se développer. (1) »

Il était inconcevable que la Terre, centre de l'univers, puisse redescendre au rang de planète ; d'autre part le mouvement de rotation de la Terre aurait fait s'envoler tous les objets, lesquels ne pourraient plus tomber si le centre devenait le soleil. Par ailleurs, les différentes sphères des fixes devait varier, ce qui rompait la belle harmonie céleste des philosophes.

On peut se demander si nous ne sommes pas aujourd'hui dans la même situation de « blocage culturel » qui nous empêche de sortir du modèle actuel alors même que celui-ci fait eau de toutes parts. Quelles ont donc ces représentations qui figent la physique et interdisent tout dépassement ?

1) La principale est qu'il est impossible pour les hommes d'hier comme d’aujourd’hui d'imaginer un univers incréé et donc éternel qui n'aurait jamais fait l'objet d'une procédure d'engendrement. La genèse par big bang est donc conforme à ce schéma archaïque selon lequel ce qui EST doit NAÎTRE, s'extraire d'une quelconque origine ou état. Cette croyance est tout aussi prégnante qu'était celle des grecques pour lesquels la Terre se devait d'être le centre de l'univers. A cette représentation centrale, l'ensemble des phénomènes observables et mesurables vont être rapportés et interprétés. Il en est ainsi de l'effet red shift qui indiquerait l'expansion de l'univers et sa datation, le rayonnement fossile et la genèse des étoiles etc...

2) Tout aussi impossible à accepter l'idée d'un univers infini, qui n'aurait ni bord ni frontière, d'où le recours à la métrique rassurante d'Einstein d'un univers fini et sphérique.

3) Nos contemporains sont incapables penser l'Autre de la matière et de donner un statut particulier au vide qui ne saurait être que...vide de contenu bien qu'ils n'eurent de cesse que de le remplir d'une grandes quantité d'objets physiques exotiques ou d'y voir des « trous » où viendraient se loger des positrons.

4) La science moderne s'est fondée en se détachant de la métaphysique et elle ne saurait sans régresser accepter que ses fondements soient à rechercher dans cette métaphysique qu'elle considère comme la discipline de l'opinion hors toutes justifications expérimentales. Pourtant le big bang est bien issu d'une représentation métaphysique !
Corrélativement, les mathématiques sont érigés en instrument unique de la preuve et de la vérité et à partir desquelles toutes sortes de démonstrations les plus farfelues sont acceptées à condition de respecter ses contraintes internes.

5) Il existe un Dieu grecque de la vérité qui a pour nom Einstein et qui représente l'archétype de l'intelligence absolue dans l'imagerie collective, Pour les physiciens, il est l'assise inébranlable de leurs certitudes, l'assurance que la science physique a des fondements solides que rien ne pourra venir ébranler, d'autant que se multiplient les expériences pour prouver encore s'il en était besoin la justesse de la relativité.


On comprend donc : » qu' une découverte scientifique ne s'impose jamais par la seule force de ses arguments car le contexte culturel est encore loin de pouvoir permettre à un nouveau modèle d'être entendu et se développer. » On comprend aussi que les assises de la science sont bien peu scientifiques, que les représentations collectives en imprègnent l'orientation et que la justesse d'une démonstration nouvelle se heurte à ce mur ce croyances et de certitudes profondément enracinées dans l'esprit d'une époque. Espérons que nous n'aurons pas à attendre 2000 ans pour assister à la naissance d'une autre physique.


J.M Vigoureux « les pommes de Newton » Albin Michel p.62

jeudi 24 août 2017

9 – NUCLEOSYNTHESE : COMMENT FAIRE ENCORE PLUS COMPLIQUE


L'ARTICLE


Les éléments précieux peuvent provenir des étoiles à neutrons qui ont avalé un minuscule trou noir et ont implosé. Si cela est vrai, cela change radicalement notre compréhension non seulement de la rareté des éléments comme l'or, mais aussi de la nature de la matière noire.Les éléments en question comprennent tous les atomes plus lourds que le bismuth, ainsi que certains isotopes riches en neutrons plus lourds que le fer. Ils sont forgés dans ce qu'on appelle le processus r (ce qui signifie «rapide»), ce qui nécessite un nombre important de neutrons ainsi que des densités dix milliard fois supérieures à celles trouvées dans le noyau du Soleil pour permettre la capture rapide de ces neutrons par les noyaux atomiques . Par conséquent, le processus r ne peut avoir lieu que dans les environnements les plus extrêmes.

En 1957, Burbidge-Burbidge-Fowler-Hoyle (connu sous le nom de B2FH) a proposé que les supernovae à effondrement du noyau soient l'origine des éléments du processus de r, mais ces dernières années, cela a été mis en doute. Les fusions binaires par étoile à neutrons ont émergé en tant que point de départ, mais il y a un problème: avec un taux de fusion estimé d'un pour 100 000 ans, les simulations informatiques ont du mal à recréer suffisamment d'éléments de r-process.

Si George Fuller de l'Université de Californie, San Diego et ses collègues Alex Kusenko et Volodymyr Takhistov de l'Université de Californie, Los Angeles ont raison, il est temps d'avoir une nouvelle explication. Ils proposent que de minuscules trous noirs primordiaux puissent être logés dans le noyau d'une étoile neutronique, où le trou noir commence à consommer de la matière et à se développer. À mesure que l'intérieur de l'étoile neutronique tourne autour du trou noir qui l'emporte, l'étoile à neutrons commence à tourner rapidement et éjecte jusqu'à un dixième d'une masse solaire de matière riche en neutrons dans l'espace. Ce matériau dense décomprime, ce qui permet à la dégradation béta de transformer certains neutrons en protons, suivie par la formation rapide de noyaux atomiques massifs.Trous noirs hypothétiques.
L'hypothèse, présentée dans Physical Review Letters, repose sur l'exigence selon laquelle "quelques pour cent ou plus de la matière noire sont constitués de trous noirs", dit Fuller. Conçu par Stephen Hawking et théorisé pour s'être formé dans les moments immédiats après le Big Bang, les chercheurs doivent encore découvrir un trou noir primordial, qui aurait une masse semblable à celle d'un astéroïde. Si elles existent, elles suivraient la répartition de la matière noire, avec beaucoup d'entre elles dans le centre galactique. Tout comme la matière noire, ils interagissent à peine avec les étoiles ordinaires et les planètes.

"Si nous voyons des fusions binaires à neutrons avec LIGO, nous allons obtenir un aperçu sur la question de savoir si le taux de fusion est assez élevé".Pendant ce temps, nous avons peut-être déjà trouvé des preuves pour les interactions neutron star-primordial black hole sans s'en rendre compte. Des éclats de radio rapides mystérieux (FRB) pourraient provenir des implosions d'étoiles neutroniques.

Des preuves plus directes pour les implosions d'étoiles à neutrons pourraient venir sous la forme de kilonovae - éclats de lumière avec un dixième à un centième de la luminosité d'une supernova normale et qui sont actuellement considérés comme le "pistolet fumeur » pour une fusion binaire dans l'étoile neutronique. Cependant, si nous détectons un kilonova dans les 650 millions d'années-lumière sans ondes gravitationnelles qui l'accompagnent, "cela serait suspect et ressemblerait un peu à la destruction d'une étoile à neutrons, soit selon notre scénario de trous noirs, soit par une autre sorte de Matière sombre et déstabilisée. Plus tôt cette année, Tim Linden, de l'Ohio State University et Joseph Bramante, du Perimeter Institute, suggèrent que des particules de faible masse de matière noire pourraient également s'accumuler dans des étoiles à neutrons, ce qui les entraînerait à imploser.

COMMENTAIRES

La théorie classique de la formation des étoiles par effondrement gravitationnel d'un nuage interstellaire est incapable de rendre compte de la formation des éléments les plus lourds. Les températures atteintes ne sont pas suffisantes et il a fallu inventer un processus « r » (dit B2FH) pour atteindre ces températures de fusion. D'où le recours à des supernovas explosives qui « essaiment » ces éléments lourds dans les nuages interstellaires. Or l'article nous apprend que : »les simulations informatiques ont du mal à recréer suffisamment d'éléments de r-process. ». Jamais à court d'imagination les chercheurs doivent recourir à de mystérieux trous noirs au centre des étoiles mâtinés de matière noire dont on n'a jamais vu la couleur. Le scénario s'enfonce dans une complexité extrême où des « particules  » de matière noire entraîneraient l'explosion des étoiles à neutrons etc etc.

La théorie de l'effondrement gravitationnelle prend eau de toute part et nous avons multiplier les exemples et observations montrant son incapacité à rendre compte de la réalité. Cette complexité et « irréalité explicative » s'expliquent par l'absence d'un autre modèle d'interprétation. Nous avons avancé l'hypothèse que les éléments les plus lourds se forment dés la naissance de l'étoile à partir d'un cœur photonique issu d'une onde de choc interne à la prématière, un mini big bang.Les température sont alors extrêmes et permettent cette nucléosynthèse originelle. Il est donc nul besoin de recourir à des prétendues explosions d'étoiles, celles-ci - des supernovas - sont en phase de croissance à haute température et sont donc très lumineuses et émettent en abondance des rayonnements ( voir article précédent).

mercredi 23 août 2017

8 - MORT OU NAISSANCE DES SUPERNOVAS ?


L'ARTICLE

Les étoiles explosives ont ouvert la voie à notre compréhension de l'univers, mais les chercheurs sont toujours dans l'obscurité à propos de plusieurs de leurs caractéristiques.

Une équipe de scientifiques, y compris des chercheurs de l'Université de Chicago, semble avoir trouvé les premiers rayons X provenant de supernovas de type Ia. Leurs résultats sont publiés en ligne le 23 août dans les avis mensuels de la Royal Astronomical Society.

Les astronomes aiment les supernovas de type Ia, créées lorsqu'une étoile nain
e blanche dans un système deux étoiles subit une explosion thermonucléaire, car elles brûlent à une luminosité spécifique. Cela permet aux scientifiques de calculer à quelle distance ils sont de la Terre, et donc de cartographier les distances dans l'univers. Mais il y a quelques années, les scientifiques ont commencé à trouver des supernovas de type Ia avec une signature optique étrange qui ont suggéré qu'elles portaient un manteau très dense de matériel circumstellaire les entourant.

Un tel matériau dense n'est normalement vu que d'un type différent de supernova appelé type II, et est créé lorsque les étoiles massives commencent à perdre de la masse.
La masse éjectée se rassemble autour de l'étoile; Alors, lorsque l'étoile s'effondre, l'explosion envoie une onde de choc à des vitesses supersoniques dans ce matériau dense, produisant une pluie de rayons X. Ainsi, nous voyons régulièrement des rayons X à partir de supernoves de type II, mais ils n'ont jamais été vus à partir de supernovas de type Ia.Lorsque l'équipe dirigée par UChic a étudié la supernova 2012ca, enregistrée par l'Observatoire des rayons X de Chandra, cependant, elle a détecté des photons à rayons X provenant de l'étoile."

Bien que d'autres types Ia avec du matériel circumstellaire aient des densités aussi élevées basées sur leurs spectres optiques, nous ne les avons jamais détectés avec des rayons X", a déclaré co-auteur de l'étude, Vikram Dwarkadas, chercheur associé au département d'astronomie et Astrophysique.Les quantités de radiographies qu'ils ont trouvées étaient faibles: elles comptent 33 photons dans la première observation par an et demi après la explosion de la supernova et dix dans environ 200 jours plus tard."Cela semble certainement être une supernova Ia avec un matériau circumstellaire substantiel, et il semble que ce soit très dense", a-t-il déclaré. "

Ce que nous avons vu suggère une densité d'environ un million de fois plus élevé ce que nous avons pensé être le maximum autour d'Ia".On pense que les naines blanches ne perdent pas de masse avant qu'elles n' explosent. L'explication habituelle pour le matériel circumstellaire est qu'il serait venu d'une étoile associée dans le système, mais la quantité de masse suggérée par cette mesure était très grande, disaient Dwarkadas - beaucoup plus grand que l'on pouvait s'attendre de la plupart des étoiles compagnons. "Même les étoiles les plus massives n'ont pas de taux élevés de perte de masse sur une base régulière", a-t-il déclaré.

"Cela soulève une fois de plus la question de savoir comment exactement ces supernovas étranges se forment.""Si c'est vraiment un Ia, c'est un développement très intéressant parce que nous n'avons aucune idée de la raison pour laquelle il aurait tant de matériel circumstellaire", a-t-il déclaré.«Il est surprenant que vous puissiez apprendre de si peu de photons», a déclaré Chris Bochenek,; "Avec seulement des dizaines d'entre eux, nous avons pu constater que les gaz denses autour de la supernova sont probablement dans un disque"

Bochenek avis mensuels de la Royal Astronomical Society. 23 août 2017.https://academic.oup.com/mnras/article/doi/10.1093/mnras/stx2029/4091449/X-ray-Emission-from-SN-2012ca-A-Type-Ia-CSM)

COMMENTAIRES

Nous interprétons les supernovas non pas comme des étoiles amorçant leur déclin mais tout au contraire comme des étoiles naissantes. Elles sont en train de produire leurs propres éléments en éjectant du matériau en abondance. Elles connaissent des phases d'extrême activité et des explosions nucléaires à partir desquelles elles synthétisent les éléments les plus lourds. Ceci explique que « La masse éjectée se rassemble autour de l'étoile » Et qu'elles connaissent une «  densité d'environ un million de fois plus élevé ce que nous avons pensé être le maximum. Les scientifiques avouent que « n'avons aucune idée de la raison pour laquelle il aurait tant de matériel circumstellaire".
Dans le cadre de la théorie actuelle, il est donc impossible d'interpréter correctement le phénomène des supernovas. On y voit explosions et destruction d'une étoile alors même qu'il s'agit de sa croissance et développement.

mercredi 9 août 2017

7 - TEMPS ABSOLU, TEMPS RELATIF ET TEMPS OBJECTIF


Toute mesure est relative à l’observateur et aux propriétés de détection de l’instrument de mesure car un phénomène ne peut se mesurer lui-même. Si les conditions de la mesure varient (ex le mouvement différentiel entre deux observateurs) il est évident que les résultats ne seront pas identiques. Ainsi, il n’y a pas de masse-poids absolue puisque sa valeur change par exemple aux pôles et à l’équateur. Il faut donc apporter des corrections qui tiennent compte de la variation des conditions de l’expérience. On va donc définir une masse objective étalon en un lieu donné qui évoluera selon la situation des observateurs.
Quant à la mesure du temps, dire que tous les référentiels ont un temps propre, c’est vrai, mais cela ne veut rien dire : si chacun peut librement mesurer le temps dans son référentiel alors, on ne peut plus faire de science puisqu’il n’y a plus de base commune objective.
Le temps devient un étalon objectif lorsqu’il peut se mesurer par rapport à un phénomène invariable (la vitesse de la lumière), comme on mesure une masse relativement à une quantité fixe de matière (1 dm cube d’eau). Mais cela est insuffisant :Il faut déterminer AUSSI un référentiel étalon à partir duquel il est possible de mesurer les différences de valeur de la seconde. Cet étalon fixe sera une distance arbitrairement découpée dans l’espace parcourue par la lumière. La seconde sera plus ou moins longue selon la vitesse de l’observateur relativement à C. Mais on peut aussi arbitrairement définir une seconde par le nombre de battements d’un corps quelconque en mouvement. Dans ces deux cas, il s’agira de mesurer la durée d’un mouvement dans l’espace choisi comme étalon. Cependant, il faut que cette mesure puisse être répétée strictement dans les mêmes conditions. Il est évident que si deux horloges ne sont pas placées dans les mêmes conditions ( par exemple de lieu ou de mouvement), elles vont mesurer un nombre de battements et donc une seconde différente. Dés lors, ce n’est pas le temps qui est variable mais les conditions de la mesure.  Le temps «  en lui-même » est durée d’un phénomène hors de toute mesure et n’est soumis à aucune variation   « cela dure » dirait Bergson.
Sa mesure relève  d’une activité humaine qui doit  définir a priori un temps objectif qui sera celui mesuré dans un référentiel, de préférence terrestre. Si tous les référentiels sont équivalents, encore faut-il en choisir un pour pouvoir démontrer cette équivalence. Dés lors, la mesure du temps ne déroge pas aux lois fondamentales de la science qui suppose de définir a priori les conditions de la mesure dans un lieu pour pouvoir opérer tous les changements nécessaires si les conditions de lieu et d’observation varient. Ces conditions de la mesure du temps sont strictement identiques à celles de la mesure d’une masse : pas plus qu’il n’y a de temps absolu, il n’y a de masse absolue, puisqu’une mesure est toujours relative à un observateur et à sa situation. Un observateur sur la Lune est autorisé à donner la valeur de cette masse-matière fixe selon son référentiel comme n’importe quel observateur en mouvement va mesurer une valeur différente de cette distance fixe (299792km) pour déterminer la durée de SA seconde. S’il est en mouvement relativement à un observateur considéré comme fixe, sa seconde et donc son temps seront plus courts comme la masse est plus légère sur la Lune que sur Terre. Mais elle sera plus courte relativement à quoi ? Pour pouvoir affirmer que chaque observateur peut mesurer un temps propre, encore faut-il établir les bases d’une comparaison possible sous forme d’un étalon arbitraire. Car pour pouvoir pratiquer la science chacun ne peut indépendamment des autres définir son système de mesure.
Ainsi, le temps devient objectif quand les mesures relatives de chacun peuvent être rapportées à un étalon objectif de référence et selon les mêmes conditions de la mesure. Il n’y a donc pas un temps absolu qui serait hors de la conscience humaine, pas plus qu’un temps absolument relatif qui supposerait une variation générale de sa mesure. Il n’y a qu’un temps humain objectif et opposable à tous et dans sa définition arbitraire, invariable.

jeudi 27 juillet 2017

6 - ESSENCES ETERNELLES ET CONSTANTES FONDAMENTALES



Pour Platon l’âme immortelle a contemplé jadis les Idées éternelles dont elle doit à nouveau se ressouvenir dans le monde sensible. Comment comprendre que les Idées puissent être immortelles de sorte qu’aujourd’hui nous pourrions réinterpréter la doctrine platonicienne comme « potentialités en devenir » ? Les idées relèvent du concept qui traduit l’essence des choses. Il existe des essences éternelles qui manifestent l’éternité d’un même phénomène car l’essence n’a de sens que si, comme potentialité, elle est susceptible de s’incarner dans un objet, corps, phénomène. L’essence relève de la non matérialité, de la méta-physique, et se définit comme l’ensemble des lois physiques, biologiques et principes qui permettent à la matérialité brute d’être comme étant.

Les essences éternelles premières sont  celles qui assurent la structure de l’univers pour le maintenir en sa permanence. L’éternité de ces essences premières a pour corollaire l’éternité de l’univers et conduisent à celle des constantes physiques fondamentales. En effet, pour que l’univers existe dans sa permanence, il faut que sa base fondamentale soit immuable et à partir de laquelle l’évolution et la complexité deviennent possibles. On ne peut concevoir un univers intrinsèquement variable, ce qui supposerait que cette base soit soumise à fluctuations, rendant aléatoire son existence. Exister c’est donc que l’Être soit dans sa permanence pour permettre l’évolution qui ne saurait concerner la base elle-même sans laquelle rien ne serait.

Qu’en serait-il d’un univers historique tel que la théorie du bib bang l’envisage ? L’univers, pour surgir brutalement le jour de sa création, doit être doté immédiatement des conditions de son être pour exister. Ses constantes fondamentales (C,h,G,e) s’imposeraient comme sa base permanente structurées relativement les unes aux autres. Elles passeraient de la potentialité à l’actualité, ce qui suppose qu’elles soient DEJA contenues dans cette matérialité puisqu’il est impossible de dissocier celle-ci de son essence : tout se qui émerge implique immédiatement l’organisation de sa substance par son essence.

S'il s'agit d'une potentialité, elle ne peut s'extraire du néant car une potentialité issue du néant n'a pas de sens puisque sa concrétisation, suppose qu’elle soit contenue dans un ensemble de possibles réels. En effet, il ne faut pas qu’il s’agisse d’une potentialité rétroactive qui prouve sa nécessité par sa présence en dévoilant sa cause. Nous pourrions aussi bien imaginer une infinité de potentialités qui pour l’heure sont en attente de leur cause créatrice : dire qu’un acte est potentiel, encore faut-il décrire le champ du réel où se trouve sa probabilité d’existence.

Dès lors dans l’hypothèse de la création ex nihilo l’émergence de la totalité de la matière universelle suppose que surgissent dans « le même temps » les constantes qui vont structurer sa base puisqu’elles sont liées à cette matérialité. La question est de savoir « où » pouvaient bien se trouver l’essence de ces constantes ? Comme elles se trouvent dépendantes de la matérialité et que celle-ci est néant, elles ne pouvaient pas être, même comme potentialité. Ainsi, le plus abstrait – l’essence – ne peut pas plus que sa matérialité s’extraire d’un néant.

Il ne peut donc y avoir création à partir du néant, ce qui nous amène à nous demander si on peut imaginer différents types d’univers possibles, tels qu’existeraient potentiellement plusieurs structurations de base de celui-ci. Cela suppose que devrait exister un matériau non créé à partir duquel la matière surgirait car autrement nous retomberions dans l’aporie d’une émanation ex nihilo. Ce matériau ne peut être que l’espace lui-même dont les propriétés déterminent « potentiellement » celles de la matière et donc la valeur des constantes fondamentales. Pour qu’il y ait un autre univers, il faut que ces propriétés de l’espace changent, qu’il y ait un « autre type » d’espace ou la vitesse limite serait supérieure ou inférieure à C par exemple. Or l’espace est un continuum absolu puisque ne pouvant intercaler des vides interne à sa structure. La densité de  l’espace est donc par essence invariable car seule pourrait varier son élasticité, ce qui impliquerait une toute autre substance, laquelle devrait s’emplir également elle-même, sans vides intercalaires. De là il résulte que la densité de la substance de l’espace est la seule et unique possible et que la vitesse C qui en découle est une constante invariable en tous temps, elle est éternelle. Il faut donc conclure que les constantes qui structurent notre univers sont éternelles, d’où l’affirmation qu’il n’a pu exister et n’existera qu’un seul univers possible.

lundi 24 juillet 2017

5 - PREMATIERE, TEMPS ET ETERNITE



Dans le domaine de la cosmophysique, nous avons le choix comme point de départ de tous les développements qu’entre deux positions : soit nous optons pour un univers éternel et incréé, soit pour un univers créé surgit du néant ainsi que l’envisage les théoriciens du big bang. Ce dernier peut être cyclique comme l’imagine certaines cosmogonies et acquérir le caractère de l’éternité par le renouvellement perpétuel des cycles.

Mais nous pouvons imaginer un univers qui soit à la fois éternel et dynamique en distinguant ce qui est immuable de ce qui est en mouvement, ce qui est incréé et de ce qui est créé.
L’éternité non créée sera celle de la substance de l’espace à partir de laquelle la matière pourra être engendrée. Il nous faut distinguer deux substances : prématière et matière dont les statuts et propriétés seront différents. A l’une (prématière) sera attribuée les caractères de l’éternité, à l’autre (la matière) celle d’être dans le temps. Etre dans le temps signifie qu’il y a eu création mais aussi qu’il y aura disparition puisque par définition le temps se distingue de l’éternité : la notion de durée implique un début et un fin.

La substance éternelle de l’espace n’a pu dépendre d’aucune procédure d’émergence. Son (être-là) est absolument nécessaire: la substance de l’espace n’a pu trouver antérieurement refuge dans un autre lieu que l’espace lui-même, dans aucun néant précédant son être-là. Aussi, RIEN ne saurait être avant l’espace-substance lui-même car il semble dans la logique du monde que le lieu du phénomène doive être avant ce phénomène.

N’ayant pas de cause originelle, étant sa propre cause, la substance de l’espace n’obéit ni n’est soumise à aucune loi causale. Tout au contraire, c’est à partir de sa seule et unique propriété éternelle (la densité absolue) que vont dériver toutes les autres lois de l’univers.

Par (l’être-là) d’une substance immuable, nous sommes assurés d’une stabilité de l’Univers, d’un repos à partir duquel le mouvement est rendu possible : sans définition d’un état de repos fondamental, on ne peut définir le principe du mouvement.

Dès lors s’ouvre à la connaissance la première loi physique, celle qui permet le passage du repos au mouvement et par conséquent de (l’être-là) inerte et informe de la substance de l’espace à l’étant individualisable, de (l’être-là) à l’existant. Cette première loi est celle qui commande la vitesse invariante et absolue de la lumière et qui a pour cause la densité de l’espace substance.

Du principe fondamental de constance et d’immutabilité de l’Univers prématériel dérive ceci que les constantes essentielles qui commandent les lois de la matérialité sont elles-mêmes immuables et que nous ne saurions constater les fluctuations de celles-ci. Ainsi la vitesse de la lumière ne peut varier puisqu’elle résulte de la densité absolue d’un milieu qui est celui de la substance de l’espace. De même, la création de particules résultant d’un changement d’état de la prématérialité, est-elle totalement déterminée par la densité de ce milieu. Enfin, les constantes G, h, e qui sont celles de la gravitation et de l’électromagnétisme dépendent-elles du moment cinétique des particules (spin) lequel est à relier à la vitesse de la lumière. Ainsi les constantes physiques, d’où dérivent les lois physiques, reçoivent-elles leur propriété première d’immuabilité des propriétés de l’espace-substance : l’une ne saurait varier sans que la totalité des lois de l’univers en soit bouleversés.

Aussi, comme l’espace-substance est dans son principe immobilité absolue et qu’un changement supposerait une cause totalement interne pour y introduire une variation, nulle mutation ne semble envisageable. C’est donc bien la preuve a contrario qu’il est impossible que l’espace-substance puisse évoluer : l’espace-substance qui occupe tout lieu de l’espace ne peut introduire d’autres espaces qui en modifieraient la densité ni ne peut s’étendre sur « autre chose » que lui-même.
Dès lors, de l’intangibilité de l’espace-substance on peut conclure à l’immuabilité et éternité des lois et constantes directement dérivées de ses propriétés. Nous sommes donc assurés d’une stabilité absolue et d’une présence éternelle d’un univers